Funny Games

"le plaisir c'est de montrer au spectateur comment il est manipulable"

 

Cahiers du cinéma 1998.Michel Haneke

"il n'y a pas de liberté pendant le cauchemar, mais quand le spectateur s'éveille, il peut réfléchir. Mais c'este en réfléchissant qu'il fait également un cauchemar...Le film est toujours un contrat, un pacte, entre le réalisateur et le spectateur; qui porte sur la croyance ou la non croyance. J'essaie de faire croire à cette histoire, mais je sais que le spectateur est manipulé (et lui le sait aussi) Je le manipule et ensuite je le repousse, lui donnant ainsi la possibilité de comprendre que ce n'est qu'un film. Mais, ensuite, je le séduis de nouveau pour le ramener dans l'histoire. Je procède ainsi plusieurs fois dans le film. Grâce à cette méthode, je lui donne le sentiment de savoir ce que c'est d'être séduit et manipulé. Je le manipule afin qu'il devienne autonome"

 

Ainsi Michel Haneke, manipule son spectateur le met dans la même situation que devant le genre de film qu'il dénonce, pour pouvoir l'en sortir après. Il manipule et démonte ensuite tous ces efforts et nous montre en quelque sorte l'envers du décor, question que l'on retrouve dans F for Fake de Orson Welles.

La question du remake

Funny games US est le remake, 10 ans après de Funny Games. Ce film a été tourné au plus près de la première version autrichienne.  La raison est surement de toucher un autre public plus dense, qui n'aurait pas vu la prem!ère version. Cette version s'inscrit au mieux dans le système qu'il dénonce, il utilise les mêmes moyen que les blockbusters très violents, les mêmes shémas de diffusion pour toucher le même public aussi. Cette façon de prendre position en s'inscrivant dans un système qu'on rejette me fait penser au film Citizen Kane.